Je suis confus mais, …
Dans cette époque (quand cela a-t-il commencé ?), lorsqu’on parle clairement, on décide de ne pas rendre compte de notre époque (quand cela finira-t-il ?).
Prendre son retard, voilà, inaugurer tout 5 minutes après le temps prévu, voici, ce qui m’apparaît de plus beau, c’est-à-dire de plus vrai en moi à vous dire maintenant.
Prendre et reprendre son retard, sortir de la dictature des instants, ne plus rester sage comme une image collée aux parois du rotor et rendre coup pour coup à l’ennui.
Bâtir une poésie comptable, jour, contre-jour, un révisionnisme poétique face au chaos strict, à la cohérence des termites.
Quoi ? Le ton (pastel) est donné ?
Quoi ? La tiédeur, l’eau tiède infecte le feu, la braise que nous sommes ?
Quoi ? Nous entrons de plein pied dans la dictature des consentants ?
Quand cela a-t-il commencé ?
Je ne vous apprends rien ?
Et bien alors, allez hop, dehors. Sur le front des berges douloureuses, avec tout le monde, sur le passage des gens, et youpie quand même.
Ne nous laissons pas gagner,
Faisons appel au Paracommand’art en nous, à l’enfance, au lapsus, oh beau lapsus, à l’autre, au joueur sérieux.
Les Paracommand’arts se posent 3 questions simples et puis sautent sur n’importe quelle réalité avec les principes actifs de l’art.
Qui sommes-nous ensemble ?
Comment paye-t-on le gaz ?
Comment se protège-t-on (des projections) ?
Par des trajets réels ou les trajets rêvés, ils bâtissent la fabrique des grains de sable. Ils cassent le rythme. Ils organisent les micro grèves le long des parois lisses de la grande surface, de la grande spirale de chrome. Ils organisent la résistance d’où nous sommes avec nos peurs et nos handicaps, une résistance sur mesure qui ne convoque pas l’héroïsme.
Les Paracommand’arts ne se disent pas tous artistes. Ils vivent en un point du biotope de l’art, c’est-à-dire de la société. Ils installent des rotules entre tous les segments du dogme, de l’affirmation, de la névrose, de l’idéal. Ce sont les gardiens du musée de l’éphémère. Le musée de la contradiction et du lien. Le musée portable de notre responsabilité individuelle.
Face à l’hologramme contemporain, face aux constats cuits et recuits à propos du monde tel qu’il va, faisons claquer un fouet d’air frais contre le museau tiède du désenchantement, organisons une révolution. Une révolution dans le sens des saisons, les 4 plus la nôtre. Pendant la saison que nous sommes, faisons entendre notre voix, vendons la chèrement, entrons en campagne. Une campagne électorale des électeurs locale ou mondiale avec un slogan: « tous sur la photo ou pas de photo ».
Ne participons plus à ce grand colloque des anachorètes.
Organisons des fronts de libération aux frontières de tout ce qui coince, un Al-Qaïda culturel bienveillant, organisons des plans d'évasion, un front de libération des couleurs, un front de libération de la tache, du devoir de réserve, une peinture de chevets.
… Installons-nous sur les bords. N’acceptons plus d’être des passants. Plantons notre tente pendant 5 jours et 5 nuits une fois par vie sur la peau de la ville sous notre propre balcon. Et regardons-nous passer.
Pour les plus atteints ou pour les plus curieux ou pour les plus pressés, installez-vous pendant 15 jours et 15 nuits confortablement dans un wagon à bestiaux immobile, collé contre les butées. Installons-nous dans l’énorme coquillage de notre propre vie et écoutons le xylophone de haute mer, recâblons-nous aux racines d’eau dont nous sommes issus, construisons des radeaux car l’eau monte.
Oui mais…
Oui mais concrètement ?
Concrètement nous sommes dans la merde concrète. Concrètement, nous sommes collectivement inconscients, inconsciemment collectifs.
En Occident, nous sommes des enfants uniques de la tribu des « moi moi », une tribu faite d’un seul membre en commerce ou en conflit avec toutes les autres tribus.
Enfoccident, posons-nous une question simple avant de vouloir forcer l’avenir. Posez-vous la question aujourd’hui :"de quoi voulez-vous vous débarrasser ?" Posez cette question à votre voisin, posez-lui la question aujourd’hui.
Construisons une vie avec eux, au premier degré à même le sol.
Soyons soyeux, emmêlons-nous de ce qui ne nous regarde pas, appuyons-nous sur l’architecture de la chance et puis créons des centres de (re)mise en forme pour en finir avec le second degré. A partir de cet instants, entrons gagnants dans l’or des lions et de là (gagnants) rendons un hommage appuyé au second(s)(souffle(s)) que nous sommes.